Le 6 avril
2004
L’ADEME relance le débat
et revient sur les idées reçues véhiculées autour de l’éolien
Afin de mieux
lutter contre le changement climatique et de contribuer activement à la
réduction de l’effet de serre, l’Union Européenne a fixé à 22% la part de sa
consommation d’électricité d’origine renouvelable en 2010. De son coté, la
France s’est fixée pour objectif d’atteindre, en termes d’énergie éolienne,
2000 à 6000 MW en 2006.
Outre son
intérêt dans la lutte contre l’effet de serre, l’éolien contribue aussi à la
diversification des sources d’énergie et à la mise en place d’un système de
production d’électricité plus décentralisé, plus proche du consommateur. Cette
proximité favorise la prise de conscience de ce que représente la production
d’électricité et permettra à terme de rendre l’utilisateur plus économe, ce qui
est indispensable dans le cadre d’une lutte efficace contre le changement
climatique.
Pourquoi
favoriser l’éolien ?
Essentiellement
car il s’agit de l’énergie renouvelable dont le prix de revient est le moins
cher pour de nouveaux développements.
La croissance
du parc éolien en France a été de 61% en 2003 (+90 MW). Cette hausse est
prometteuse mais se situe en deçà des objectifs ambitieux que s’était fixée la
France il y a un an. Enfin, on considère comme atteignable en 2004 un chiffre
total de 400 à 450 MW de capacités installées.
Le
potentiel de développement reste fort, les projets nombreux, ce qui montre une
réelle possibilité de développer l’éolien en France.
Comment
expliquer la lenteur de la progression de l’équipement français en matière
d’éolien ?
Les raisons
(multiples) tiennent en premier lieu à la qualité de l’équipement français en
matière de fourniture d’électricité. Contrairement à d’autres pays, la France
n’a pas été poussée à compléter son parc de production. La volonté est venue
plus tard et a été entièrement motivée par des enjeux environnementaux.
Les
difficultés rencontrées dans la mise en place de parcs éoliens tiennent moins à
des obstacles de type financiers ou réglementaires qu’à des freins liés à des
idées reçues qui reflètent très souvent une mauvaise information.
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Par exemple, la notion d’atteinte au paysage est souvent
subjective. L’implantation d’une éolienne est soumise à la délivrance d’un
permis de construire. Les lois de
janvier et juillet 2003 définissent les règles strictes à respecter pour
concilier éolien et paysage : on ne peut donc pas implanter des éoliennes
partout !
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On reproche aussi souvent aux éoliennes le bruit généré par
leur activité. Si les éoliennes « anciennes générations » étaient
bruyantes, il faut savoir qu’elles sont désormais de plus en plus silencieuses.
Actuellement le niveau sonore généré par une éolienne équivaut à 45 décibels
soit le bruit d’un environnement de bureau.
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Le patrimoine naturel est aussi largement pris en compte
dans le cadre de l’implantation d’éoliennes. Les projets éoliens font l’objet
d’études d’impact poussées qui analysent les incidences sur la faune et la
flore. Des pays largement équipés comme le Danemark ou l’Allemagne n’ont jamais
été confrontés à des problèmes sensibles dans ce domaine.
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Enfin le risque de chute d’une éolienne est rarissime :
un suivi mené sur 10 ans au Danemark sur un parc de 121912 éoliennes a donné une
probabilité de destruction totale de 0,00083 par an.
Que
pense vraiment le grand public ?
Son avis est
loin d’être négatif : selon un sondage commandité par l’ADEME en 2003
(disponible sur www.ademe.fr), les riverains
des parcs de l’Aude et du Finistère ont des jugements favorables sur l’impact
paysager ou sonore des éoliennes. Toujours dans ce même sondage, 9 Français
sur 10 se déclarent favorables à l’énergie éolienne.
Que
fait l’ADEME en matière d’éolien ?
L’ADEME
accompagne et facilite le développement de l’éolien en concevant
des outils de communication permettant d’améliorer la perception de l’éolien
par le grand public. L’ADEME concourt aussi à l’élaboration de méthodes
permettant l’implantation de sites éoliens dans les meilleurs conditions en
favorisant la concertation en amont et l’appropriation au niveau local des
outils nécessaires au montage des projets, en formant les personnels de l’Etat
et en collaborant à la mise en œuvre de schémas territoriaux.
Des
outils pour l’avenir :
Pour
faciliter le développement de l’énergie éolienne, l’ADEME entend poursuivre ses
efforts de communication et de sensibilisation. Elle développe par ailleurs des
outils pour faciliter le montage de projets d’initiative locale
impliquant des acteurs économiques locaux. Enfin, elle souhaite encourager
l’implication, en amont, des communes et communautés de communes par le biais
de partenariats.
La
mise en place d’un suivi national des projets pourrait également permettre
d’aller plus loin dans le développement de cette énergie.
L’ADEME
vient d’éditer le premier guide destiné au grand public : « Eoliennes, un vent d’énergie ».
Ce guide à pour vocation d’expliquer à tous pourquoi il est désormais important
d’utiliser l’énergie éolienne, comment les éoliennes fonctionnent, quels sont
les enjeux de cette énergie. Le guide aborde aussi les questions les plus
souvent posées en matière d’éolien comme son impact sur le paysage par exemple.
Ce guide est disponible dans les Espaces Info Energie, sur le site de
l’ADEME (www.ademe.fr) ou en appelant le n° Azur :
0 810 036 038.
L’ADEME en bref
L'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie
(ADEME), établissement public, participe à la mise en oeuvre des politiques
publiques dans les domaines de l'environnement, de l'énergie et du
développement durable. Elle met ses capacités d'expertise et de conseil à
disposition des entreprises, des collectivités locales, des pouvoirs publics et
du grand public et les aide à financer des projets dans cinq domaines (les
déchets, la préservation des sols, l'efficacité énergétique et les énergies
renouvelables, la qualité de l'air et la lutte contre le bruit) et à progresser
dans leurs démarches de développement durable.
www.ademe.fr